SONGKRAN, ou le troisième Nouvel An en cinq mois!

5 mai 2019 0 Par CIN-TIB

Après le 1er janvier et le 5 février (le Nouvel An Chinois), nous avons fêté, le 13 avril dernier, le Nouvel An Thaïlandais. En effet, traditionnellement, en Thaïlande, l’année commence mi-avril. De nos jours, il s’agit juste d’une tradition, car, comme chez nous, l’année débute le 1er janvier.

Cependant, la fête de Songkran donne lieu à de fastueuses célébrations. Songkran est tout d’abord une fête religieuse, l’une des plus importantes de l’année. Elle dure quatre jours, et il est fréquent que les Thaïlandais prennent une semaine de vacances pour l’occasion. Bangkok se vide, des millions de personnes se rendent dans leur région d’origine pour passer du temps en famille. Certes, nous n’avons pas de famille en Thaïlande, mais nous voulions quand même profiter de ces quatre jours fériés pour voir du pays. Nous avons choisi d’aller à Chiang Mai, une ville située à 700 km –soit une nuit de bus – au Nord de Bangkok, car on nous avait indiqué que le Nouvel An y est très festif et reste relativement fidèle à sa version originelle. Les collègues de Thibaut s’y rendaient aussi, et nous avons pu découvrir avec eux ces festivités.

En Thaïlande, mi-Avril est la période la plus chaude de l’année, précédant de peu la saison des pluies où le riz commence à pousser. Traditionnellement, pour Songkran, on se verse mutuellement une petite louche d’eau derrière le cou en se disant : „Sawadii pii maï”, c’est-à-dire „Bonne année”. L’eau possède ici une fonction purificatrice, pour aborder dans les meilleures conditions la nouvelle année. De plus, elle doit porter chance pour la saison des pluies, en vue d’avoir les récoltes les plus fructueuses possibles. Cette fête est également l’occasion de montrer le respect aux anciens au sein de la famille, ainsi qu’à Bouddha, le maître spirituel (rappelons que dans le bouddhisme, la religion largement majoritaire en Thaïlande, Bouddha n’est pas un Dieu, mais un homme considéré comme un maître spirituel. Il n’y a pas de Dieu en tant que tel dans cette religion. Par ailleurs, l’animisme est très présent : de nombreux thaïlandais croient en toutes sortes d’esprits et de forces surnaturelles). On asperge donc symboliquement des statues, souvent dorées, à l’effigie de Bouddha. A Bangkok, quelques jours avant le 13 avril, date officielle pour le début de Songkran, des autels sont préparés dans quasiment tous les bâtiments : immeubles, bureaux et même centres commerciaux. Chacun peut, à l’aide du petit bol mis à disposition, rafraîchir Bouddha.

Bon, et maintenant, qu’en est-il de la fête en elle-même ? Eh bien, depuis une dizaine d’années, cette fête a gagné en ampleur et les gens ont troqué leurs petites louches pour des seaux, tuyaux d’arrosages et autres pistolets à eau. Pas étonnant si on considère que les températures dépassent souvent les 40 °C. Concrètement, cela ressemble à une gigantesque bataille d’eau à l’échelle du pays, pendant 4 jours. Celui qui veut rester sec n’a d’autre choix que de rester enfermé chez lui.

Si vous vous décidez de sortir, il faut prendre avec soi seulement le strict nécessaire, placer téléphone et portefeuille dans un emballage plastique étanche (qui sont évidemment vendus partout dans la rue ces jours-là). Il est déconseillé de s’habiller en blanc, sous peine de voir apparaître au grand jour les soutien-gorges et culottes une fois mouillé. Et marcher vite ! Car on ne vous demandera pas votre avis, et en quelques minutes vous serez trempé. Il est donc bon d’avoir de quoi se venger ! Thibaut s’est armé d’un gros pistolet à eau, et Cindy quant à elle a préféré acquérir un gros seau vert. A l’attaque !

Peu importe l’âge, de 2 à 80 ans tous subisent le même sort et finissent tout mouillés !

 

Le premier jour de Songkran, une grande parade a lieu, durant laquelle chaque temple – Chiang Mai et ses alentours en compte plus de cent– sort son Bouddha dans un char richement décoré. Il peut ainsi être symboliquement aspergé d’eau par tous. Des gens portant de beaux costumes traditionnels et des musiciens défilent à leurs côtés. Bien évidemment, ils constituent des cibles de choix, présentant en plus l’avantage d’être sans défense !

 

Complètement trempés! Ah et information importante, il fallait, si on voulait être dans le mouv, porter des chemises à fleurs pour l’occasion, choses qu’on s’est empressé d’acheter dès que ça a été possible.

 

Pour visiter des temples il faut avoir les épaules et le genoux couverts.

Ainsi que de laisser l’arme du crime devant l’entrée ^^

Comme le veut la tradition, Thibaut arrose le Buddha d’eau.

 

Après deux jours de bataille d’eau, nous commencions à nous lasser : nous avons donc décidé de passer les troisième et quatrième jours à nous balader dans les environs. Mais cela ne nous a pas empêché de finir trempés, ce qui peut, quand on n’est pas consentant, être un peu énervant . Enfin, pas d’autre choix que de l’accepter, nous étions désormais au courant des règles du jeu ! D’ailleurs c’est certainement pour cela que de nombreux Thaïlandais préfèrent faire de grands détours ou rester chez eux afin d’éviter les zones de batailles d’eau.

 

Nous avons visité des temples “en activité” et nous n’avons pas toujours compris ce qu’il s’y passait.. Nous ne savons pas du tout pourquoi ces gens avaient des fils sur la tête, mais cela doit surement signifier quelque chose!

 

Cette fête nous laisse d’excellents souvenirs et de belles photos !