Nos débuts à Bangkok.

16 février 2019 2 Par CIN-TIB

2 février 2019.

Il est 10h du matin.

Nous venons de traverser une importante faille temporelle. Six heures ont été engloutie dans l’espace-temps. Pour toujours? “Rien ne se perd, tout se transforme” disait ce cher Lavoisier…

11h30 de vol pour laisser à nos corps et à nos esprits le temps de comprendre ce qui est en train de se passer. Ce qui se passe, c’est un changement radical de mode de vie.

Nous quittons les montagnes enneigées pour nous engouffrer dans la chaleur étouffante de l’Asie du Sud-Est. Adieu les doudounes, les grosses chaussettes, les gants et les bonnets. Nous nous empressons d’enlever toutes nos couches et de les ranger soigneusement au fond du placard.

Après un an de voyage à vélo, nous quittons notre mini-tente plantée à même le sol à la lisière des bois pour nous percher dans une tour dorée, dans un appartement de 60 m2 avec deux chambres à coucher et deux salles de bain. Le tout situé dans une belle et immense jungle de béton.

Thibaut troque son cuissard, son t-shirt et ses baskets contre un pantalon, une chemise (repassée!) et de belles chaussures noires.

Cindy change également ses habitudes vestimentaires en renflouant sa garde robes de dizaines d’habits d’été colorés.

Le rythme des douches s’accélère drastiquement. Ce n’est plus une tous les 4-5 jours, mais une voire deux par jour. Quel bonheur de sentir l’eau entraîner notre sueur mélangée à la crasse de la ville pour s’écouler dans les canalisations.

Notre Tour Dorée

 

Thibaut part au travail…

…pour se percher au 35ème étage d’une autre tour à 2km.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

16 février.

Cela fait deux semaines exactement que nous explorons et que nous nous habituons à notre nouvelle vie.

A quoi ressemble Bangkok ? C’est un harmonieux chaos. Tout s’y mêle et s’y confond. Ici les Mercedes aux vitres teintées cotoient de près les Tuk-Tuk qui décoiffent les touristes. Il est possible de s’arrêter devant un stand de sacs à main de contrefaçon exposés au nombre de 100 au cm² avant d’entrer dans le somptueux magasin Gucci, où la marchandise trône sur un piedéstal. Les Spas 5 étoiles sont concurrencés par ces tous petits salons où les masseuses cassent littéralement leurs clients en deux. La fumée des brochettes grillées sur bidon métallique surmonté d’une grille chatouille la haute gastronomie occidentale. Tout se passe sans conflits. Les inégalités, pourtant criantes, ne semblent déranger personne…

Bangkok, une ville à multiple facettes… le soir et les week-ends nous marchons avec ou sans but pour découvrir ne serait-ce qu’une infime partie de ce nouveau chez-nous. Et nous découvrons des temples, avec des bouddhas dorés plus ou moins gros. Des parcs. Le plus important se situe sur la presqu-île à 30 minutes à pied de notre domicile. Nous nous y rendons en bateau et louons un tandem sur place. La flore est, pour nous, tellement exotique !! Le mardi 5 février c’était le nouvel an Chinois, l’occasion idéal pour se mêler à la fête, folle, dans les rue de China Town ! Ce paragraphe mérite d’être amplement illustré en photos :

Wat Pho, très grand Temple en plein centre de la ville avec son Buddha couché géant et ses jardins.

Temple Wat Pho

Wat Pho, jardins, exercice du matin ? 🙂

 

Wat Pho, jardins, arbre entortillé.

Temple Wat Pho, Buddha doré couché de 43 m de long et 15m de haut.

Parc sur la presqu’île Bang Kachao.

China Town, Temple

L’excitation de la découverte est à son comble. Cette mégalopole a au moins 60 km de diamètre et une densité d’habitants au mètre carré impressionnante. Il nous faudra des années pour en venir à bout.

Nous goûtons à tout. Et si la majorité des plats sont délicieux, nous ne sommes pas à l’abri de tomber sur des mets comme qui dirait… étranges. Etrange, c’est le risque pour nous, petits européens. Nous n’arrivons pas à décrire la moitié des choses qui sont exposées sur les étalages des marchés et encore moins à reconnaîgre la plupart des fruits et des légumes. Epicé. Oui. C’est ce qui détraque majoritairement notre système digestif. Alors très vite on apprend cette phrase salvatrice “mai pèt” qui veut dire “pas épicé” et qui en pratique signifie “peu épicé”. Si les normes d’hygiène sont loin de celles que nous connaissons, rien à craindre, puisque tout est cuit et recuit avant d’être servi. Contrairement au reste du pays, à Bangkok, il y a une bonne qualité de l’eau. Elle n’est pas pleinement potable, mais les risques sanitaires sont largement diminués.

Marché, China Town

Stand nourriture de rue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous vivons dans une tour dorée, dans un appartement choisi par l’employeur de Thibaut. Lustre de luxe à l’entrée de l’immeuble avec sièges en cuir. Réception avec grooms. Et deux étages, le 41ème et 42ème (sur 46 au total), communs et gratuits à tous les habitants du Condominium, société de location d’appartement de haut standing. Sur ces deux étages, nous pouvons profiter de la piscine à débordement avec vue sur la ville, d’un salon de détente ainsi que d’une salle de sport climatisée. Nous ne nous attendions pas à cela, du moins pas à ce point. Ce n’est pas ce que nous étions venus chercher, mais, quelque part, cela fait partie du dépaysement. Nous découvrons un monde qui nous était jusqu’alors inconnu : celui des expatriés. Une communauté de personnes qui ont souvent vu une bonne partie du monde et avec qui il est agréable de discuter. Egalement, des gens qui voient leur pouvoir d’achat triplé et les portes du luxe s’ouvrir à eux, induisant un rapport à l’argent parfois étonnant.

Piscine au 41ème. Vue sur la ville.

C’est avec eux que nous créons nos premières affinités. Nous ne comptons pas rester cloîtrés entre expatriés, et notre curiosité pour la culture locale reste entière. Mais, dans un premier temps, nous trouvons conseil chez nos compatriotes « en exil ». Car avant de se mettre à la musicale langue thaïe et au déchiffrement de ses jolies arabesques, ou avant que les Thaïlandais se mettent à parler correctement l’anglais, il va nous falloir un peu de temps.

Ainsi, Cindy a pris contact avec la large communauté de Français à Bangkok. Au total près de 25000 personnes répertoriées par la section consulaire. C’est par ce réseau qu’elle compte faire de belles rencontres et peut-être décrocher un emploi. Elle cherche aussi du côté des Polonais, moins nombreux mais bien présents. Et du fait de son nom de jeune fille qui ne laisse pas l’ombre du doute, deux françaises d’origines arméniennes l’ont inscrite d’office aux rencontres d’Arméniens à Bangkok. Cette fois-ci la communauté est toute petite, mais apparemment très active.

Et des communautés il y en a pour toutes les origines! La plus grosse reste celle des Chinois. Au milieu du XIXème siècle, il y eut une immigration massive de ce peuple qui a développé une énorme part des richesses et du commerce Thaï. Un peuple qui s’est très bien intégré. Aujourd’hui on estime que 65% des habitants de Bangkok ont du sang Chinois. Le China Town de la ville couvre 3km2 en son centre. Nous avons eu la chance de le découvrir aujourd’hui, au cours d’une visite guidée organisée par l’association des Français à Bangkok;)

Ainsi, outre la Thaïlande nous avons ici un bon aperçu d’une multitude de pays asiatiques voisins. Nous pouvons découvrir à loisir et sans se déplacer la culture chinoise, japonaise, indienne, laotienne, cambodgienne. Tout ça de façon beaucoup plus représentative que ce que nous pouvons avoir en Europe. Décidément, cette ville

Pour finir une liste de petites découvertes folkloriques:

  • Le premier gros folklore, pour nous, reste la langue. Voici une vidéo rigolotte sur une Thaï qui parle anglais : https://www.youtube.com/watch?v=DVdZ9KjQvIA (lien vers une vidéo sur youtube)

  • chaotiques certes, mais pas dans le métro!  Les Thaïlandais font la queue de chaque côte des portes d’entrée et laissent le passage aux personnes sortant des rames même en période de pointe. Si le métro est plein, les gens attendront patiemment le prochain train. Personne n’essaiera de pousser pour entrer de force. Incroyable mais vrai!

  • Ici pour se déplacer à deux, le transport le moins cher reste le taxi. Même comparativement au métro. Sauf… sauf… deux fois par jour quand la ville est envahie de monstrueux bouchons. Dans ces cas là il y a la solution du moto-taxi. Pour une seule personne à l’arrière du chauffeur (quoique, en réalité, il n’y a pas de règles !), qui se faufilera dans tous les petits recoins et pour lequel les sens interdits n’existeront pas.

A gauche, un tuk-tuk. A droite, une moto-taxi avec chauffeur et client.

Taxi rose. Sinon, il y a aussi les vert et jaune 😉

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Les places prioritaires dans le métro sont réservés aux handicapés, aux personnes âgées, aux femmes enceintes, aux parents avec enfant … et aux moines bouddistes en tunique orange !;D

    Priorité aux Moines Bouddhistes dans le métro!

  • Oui, oui, les Thaïlandais font griller toutes sortes d’insectes et en font des petites brochettes qu’ils vendent dans la rue. Nous en avons vu deux fois sur des marchés pour l’instant. Et nous n’avons pas osé goûter… oui, nous avons menti, nous ne goûtons pas à TOUT;)

  • Dans les supermarchés, le rayon « nouilles chinoises » fait des kilomètres de long. Impossible d’acheter des sachets individuels, c’est minimum un pack de 6 nouilles voir carrément des cartons de 50 !
  • Dans le même genre, il est très difficile de trouver des paquets de riz de 1kg, ici c’est 5kg et c’est puis c’est tout !;)
  • Beaucoup de gens portent des masques, dans la rue, le métro, et même à l’intérieur. La raison : nous sommes arrivés en plein pic de pollution aux particules. Apparemment, leur concentration devrait redescendre lorsque la mousson arrivera, soit dans… deux mois.
  • Il reste tellement de choses à découvrir. Comme les cinémas par exemple. Apparemment, avant le film, il faut rester debout solennellement pendant que l’hymne national est chanté. Il est possible de réserver, à un coût plus élevé qu’une place normale, un canapé au fond de la salle. Idéal pour les amoureux qui en ont marre des accoudoirs les séparant durant la séance.

Un moine passe l’aspirateur dans un temple.

Marché aux fleurs.

Bangkok de nuit, vue de notre balcon.

 

Sur ce, à une prochaine pour d’autres nouvelles!