MYANMAR : Premières impressions et volontariat

Let’s go!
4 février
Nous prenons le métro aérien, et traversons une dernière fois Bangkok pour atteindre la gare routière. Nous avons l’air de gros touristes avec nos sacs sur le dos. Le coeur pincé de quitter cette ville, et les yeux pétillants de l’excitation des aventures à venir
Petite explication: il est toujours possible d’utiliser le nom Birmanie pour désigner le pays frontalier de la Thaïlande à l’ouest, néanmoins le nom officiel est maintenant le Myanmar. D’où l’utilisation des deux appelations.
5 février
Après une courte nuit de bus, nous arrivons a la frontiere thailandaise avant l’aube. Les yeux pas encore vraiment ouverts, nous quittons le pays dans lequel nous venons de passer 1 an et 3 jours, et traversons à pied le Pont de l’Amitié pour arriver en territoire birman. Au cours des 10 minutes de marche, Cindy découvre que la semelle de sa chaussure de randonnée est complètement décollée… Ca commence bien ! Heureusement, nous n’avons pas de rando de prévue de sitôt, nous aurons le temps de trouver un cordonnier d’ici là. Elle chausse ses sandales, et nous partons à la recherche d’un moyen de transport pour Hpa-An, petite ville de l’état Karen et première étape de notre voyage.
Du 5 au 8 février : Hpa-An
Nous ne pensions pas trouver autant de touristes dans cette petite ville du Sud de la Birmanie. Mais les environs de la ville sont très beaux, et la Birmanie est une destination de plus en plus prisée par les Européens souhaitant “sortir des sentiers battus”, comme disent les guides touristiques.
Nous nous promenons à vélo dans les environs. C’est comme vous le savez notre manière préférée pour explorer un nouvel endroit. Nous tombons sur cette pagode équilibriste et des grottes impressionnantes.

La pagode perchée de Kyat Kalat

Tout le monde veut sa photo avec Cindy ! (qui n’osait pas demander de prendre en photo toutes ces belles femmes vêtues de leurs belles jupes colorées jusqu’alors)

Boule de poils roulante




A proximité de notre auberge de jeunesse se trouve un magasin de musique. Thibaut s’autorise un rapide coup d’oeil, et repère quelque chose de très intéressant: une petite guitare, vendue pour une vingtaine d’euros, et d’une qualité bien meilleure que ce que son prix laissait augurer. Après une journée de réflexion, c’est décidé, il l’achète. La période sans guitare aura donc duré moins d’une semaine… on ne se refait pas ! Nous n’avons pas encore de solution satisfaisante pour transporter la guitare lors des randonnées à venir. Mais nous savons que nous n’allons pas être trop itinérants au moins pendant la période en Birmanie, et après… nous verrons bien !

Happy !
Le matin suivant, nous sommes attirés à l’étage par une douce mélodie de flûte. Nous tombons sur deux musiciens en train de jouer de la musique indienne. Thibaut saute sur l’ocassion d’étrenner sa toute nouvelle guitare et rejoint l’orchestre. Rencontre très sympathique et prémonitoire, qui nous laisse un délicieux avant-goût indien… Nous en profitons pour récolter de nombreux conseils pour notre séjour en Inde à venir.
Du 8 au 22 février – Mawlamyine
Avant de partir, nous avions repéré une école d’anglais qui propose aux volontaires de venir leur donner un coup de main. L’occasion de se rendre utile, et de rencontrer plein de jeunes birmans. 2 heures de bus plus au Sud, nous franchissons donc la porte du Dahrah Learning Center, qui affiche fièrement à son entrée les “4 skills” promises aux élèves : Speaking, Reading, Writing, Listening. Oh Yeah!
Nous arrivons un samedi après-midi, et les cours ne commencent que le lundi. Le dimanche, nous accompagnons toute la promotion pour la Fête Nationale Mon. Mais qu’est-ce donc qu’un Mon me direz-vous ? C’est une ethnie comptant un peu plus d’un million de personnes, présente principalement dans le Sud de la Birmanie, et dans une moindre mesure en Thaïlande. Ils possèdent leur langue, leur alphabet – il y a décidément beaucoup trop d’alphabets dans cette partie du monde ! Les Mons sont une des plus anciennes ethnies d’Asie du Sud-Est, et ont créé de nombreuses villes dont Bangkok et Rangoun. Revenons à la fête nationale : figurez-vous que le démarrage officiel des festivités a été fixé à 6h du matin ! En réalité, une procession/fanfare commencera vers 7h, et s’ensuivront plusieurs discours qui finiront d’endormir ceux qui n’avaient pas encore piqué du nez. Mais le bon côté, c’est que cela nous a permis de faire connaissance avec les élèves, et de les voir dans leur belle tenue Mon : bas rouge (jupe pour les femmes, longji pour les hommes) et haut blanc. Nous-mêmes avons réussi à nous faire prêter une partie de la tenue.



Les élèves de Dahrah English School sur leur 31
Nous logeons dans le bâtiment des garçons, un hangar-dortoir qui constitue également l’une des salles de classe. Autant dire que ça change du Lumpini, notre immeuble luxueux a Bangkok ! Douche au seau d’eau froide, moustiques par dizaines et matelas sale à même le sol. Mais nous ne nous plaignons pas, car nous avons hérité de la suite royale : nous avons la chance d’avoir notre espace privé et sommes les seuls à posséder un matelas. Les étudiants, ainsi que le volontaire arrivé juste après nous, se contentent d’une natte dans une chambre pour 4.

La suite royale

Une chambre pour 4 étudiants
Tout le monde vit donc ensemble, ce qui a permis de créer une super ambiance dans l’école. Le soir, il arrive souvent qu’un étudiant prenne une guitare et que tous les autres se regroupent autour de lui et se mettent a chanter de tout leur cœur des chansons en birman.
Nous arrivons en période faste : en plus de nous, il y a 2 autres volontaires. Sylvia, italienne, et Aviv, américain. Du jamais vu de mémoire d’élève. Nous en profitons pour enseigner aussi l’informatique (ou plutôt l’utilisation de word, power point et des e-mails) en plus des cours d’anglais.
Les étudiants ont entre 17 et 28 ans, et sont répartis en 2 groupes : l’un étudie pour 6 mois, et l’autre suit 3 mois de cours avant de partir étudier et travailler en Australie. A notre arrivée, ce dernier groupe en est déjà à 1 mois, et autant dire qu’il reste du boulot avant qu’ils puissent partir sereinement en Australie !
A leur demande, nous leur enseignons comment réaliser un CV. Pas le sujet le plus fun, mais nous sentons que nous avons des choses à leur apporter, car ils n’ont jamais fait cela (même si plusieurs travaillent déjà depuis des années), et certainement pas en langue anglaise. Nous trouvons quand même le temps de faire quelques jeux et d’étudier les paroles d’une de leurs chansons préférées.

Les élèves sont très attachants et motivés : certains partent de loin, les niveaux sont très différents. Nous avons l’occasion de discuter avec eux, parler de leur villages d’origine, de la vie dans leur pays, et de beaucoup rigoler. Nous en apprenons beaucoup sur la Birmanie par le regard de ses habitants. Ce sont aussi eux qui, à tour de rôle, font la cuisine pour tout le monde. Nous découvrons les currys de poisson, légumes, porc, accompagnés midi comme soir de riz.
Nous nous plaisons bien dans cet école, et décidons donc de rester pour une deuxième semaine, pendant laquelle nous seront les seuls volontaires étrangers et durant laquelle nous partirons 2 jours en voyage scolaire au bord de la mer avec les étudiants 😀

Coucher de soleil sur le lac de Mawlamyine

2 jours de “voyage scolaire” intense avec nos étudiants!