Vacances à vélo au Laos
“Parce qu’il fallait bien prendre des congés …
Parce qu’il fallait bien découvrir ne serait-ce qu’un petit peu le voyage à vélo en Asie…
Nous avons choisis le Laos comme destination.
Vientiane, la capitale, se trouve à une nuit de train couchette, qu’on a eu le luxe de tester à l’aller et au retour. Nouvelle rame, magnifique train équipé de nombreux gadgets électroniques.
A Vientiane c’est d’abord Matthieu et sa famille qui nous ont accueillis, pour nous prêter un de leurs vélos. Matthieu travaille, comme Thibaut, à l’AFD, mais à l’agence du Laos. Le deuxième vélo nous a été prêté par un couple d’expatriés Néerlandais que l’on a contacté quelques semaines avant via la communauté/plateforme internet de cyclistes qui s’hébergent mutuellement dans le monde entier: Warmshowers.org. Brieke et Jan, 57 et 64 ans respectivement, n’ont pas de voiture mais au moins 6 vélos et quelques motos. Ils habitent au Laos depuis plus de 2 ans et nous ont donné de précieux conseils sur les trajets possibles. Notre but: arriver à Luang Prabang, à 400 km au nord de Vientiane, y rester quelques jours et revenir en bus de nuit (toujours de nuit! On a ainsi l’impression de ne pas perdre de temps dans les transports ;)).
Nous voici à arpenter la route principale durant plusieurs jours. Vientiane est un village comparée à Bangkok, elle compte 800 000 habitants. Je vous laisse imaginer le reste du pays… très majoritairement rural, nous observons la vie des petits villages et des différentes ethnies qui les habitent.


Le Laos est un pays dont une partie du paysage n’a pas encore été touchée par l’homme et où il existe une très grande diversité ethnique. La pauvreté est assez écrasante dans certains endroits. Cela n’empêche pas la majorité des habitants de posséder un smartphone! Il y a l’électricité et l’eau courante partout là où nous roulons, mais les maisons se résument souvent à une pièce vaguement fermée et couverte d’un toit.
Après Vang Vieng, ville touristique et sans âme, mais au milieu de beautés naturelles sans nom, nous commençons à grimper.


Environs de Vang Vieng
Et là, les vues s’enchaînent. Notre regard est attiré par ces jungles vertes totalement vierges et inhabitées. Les nuits sont légèrement plus fraîches en altitude. Un après-midi, un orage nous surprend. Nous roulons jusqu’au prochain arrêt possible: le restaurant perché sur le plus beau point de vue du voyage!! Khea, le jeune laotien qui tient le restaurant nous accueille les bras ouverts. Il va bientôt fermer, nous pouvons installer notre tente sous le toit de la terrasse ombragée. Avant de quitter les lieux, il nous branche un radiateur portatif pour faire sécher nos affaires, nous prépare une bonne soupe et remplit nos gourdes d’eau. Nous discutons avec lui et nos cœurs sont vite réchauffés par sa bonne humeur et sa coolitude sans limite.

C’est au petit matin, après l’orage de la veille que nous découvrons en sortant de notre tente le magnifique paysage qui nous entoure… et les toilettes avec la plus belle vue du monde :

Ce sera notre seule nuit en tente, vu l’escarpement des lieux, la grande différence culturelle et matérielle avec la population locale – qui nous a tant intrigués, inspirés et parfois intimidés – ainsi que l’extrême facilité de trouver un hébergement modeste pour quelques sous. Mais cela valait largement le coup d’avoir notre maison portative dans les sacoches pour cette unique fois!

Rencontre de cyclistes Thaïlandais… au Laos!
Et puis… ces deux semaines, hors du temps, ont eu pour fil rouge l’organisation d’une surprise. Cette surprise était destinée à Mathilde et David, nos amis qui se sont mariés un an après nous et qui, pareil, ont décidé de partir en voyage de noces en tandem en Europe. Après un an à vélo, désireux de plus de challenge ils se sont dit: “et si nous allions faire un petit coucou à Cindy et Thibaut à Bangkok?” Toujours à vélo bien sûr sinon ce ne serait pas drôle.
Alors qu’ils traversaient la frontière du Laos par le nord, nous la traversions par le sud. L’enjeu était de s’informer sur leur itinéraire exact et de les faire venir vers nous sans qu’ils ne se doutent une seconde que nous les y attendions ! Après maintes ruses et supercheries nous nous sommes retrouvés avec des cris de joie à Luang Prabang. Nous y avons passé deux merveilleuses journées ensemble. Leurs histoires ont fini de nous replonger dans nos propres aventures passées. Aahh…


De retour à Bangkok nous nous sommes demandé si tout ceci n’avait pas été juste un rêve… en tout cas ce beau voyage et cette découverte d’un nouveau pays nous a laissé… rêveurs.”
