Lettre d’Amour pour Thibaut
Cher Thibaut,
Sous les rêves se cachent des réalités
Les réalités s’imbibent de concret
Ce concret m’étonne car je pensais seulement en rêver.
C’était il y a 7 ans:) Le 03.03 à 3h, aime-t-on à dire, car cela fait 3×3.
3h du matin… oh que l’on ne s’imagine pas des choses ! C’était après une soirée entre amis, tout le monde était couché et nous… nous n’avions pas sommeil et faisions des chouquettes dans la cuisine pour le petit déjeuner du lendemain matin.
Ce soir là quelque chose flottait dans l’air. Des discussions dans la nuit calme, en attendant que les douceurs cuisent, au coin du four. Tu m’as fait part de tes rêves situés à l’abri au fond de ton cœur. Je t’ai fait part des miens. Cela s’est fait ainsi, tu m’as pris dans tes bras et tu as collé tes lèvres contre les miennes. Nous n’avons plus voulu décoller nos lèvres les unes des autres, alors nous sommes restés ensemble. Cela fait aujourd’hui 7 ans.
Cette septième année, Thibaut, quelle année ce fut ! Ce mariage, qui nous tenait tellement à cœur. Pour pouvoir l’organiser ensemble, nous avons appris à nous écouter, à résoudre les problèmes quand ils venaient. Nous nous sommes demandés si nous n’étions pas un peu fous de vouloir tout gérer au maximum seuls. Cette, effectivement folle expérience, nous a rapprochés davantage et fortifiés. Nous l’avons adorée.
Dire que ce n’était que la moitié de cette septième année…
Saurais-tu me dire, concernant l’autre moitié, combien de coups de pédale avons-nous déjà donnés, en rythme ? Combien de sueur avons-nous versé dans les montées ? Combien de frissons avons-nous ressentis dans ces descentes sans fin ? Combien de nuits serrés l’un contre l’autre avons-nous passées dans notre tente, 15 fois plus petite que notre minuscule appartement précédent ? Combien de nuits étoilées avons-nous contemplées en silence ? Combien de ciels dégradés pastels, nos yeux émerveillés ont-ils observés ?
Si je me permets, de rendre cette lettre publique, c’est pour te faire une surprise à laquelle tu ne t’attendais pas. Et pour te dire, je crois que c’est ici le lieu, que le plus dangereux et le plus beau des voyages, c’est celui que nous faisons à deux.
Passionnément tienne,
Cindy